(SRC-MC) - Le rapport préliminaire du Bureau de la sécurité des transports (BST) indique qu'une vigie était bel et bien présente lorsque le bateau a coulé. L'enquêteur Pierre Murray du BST soutient que, selon les témoignages recueillis, deux gardes étaient sur le pont au moment du remorquage.
Pourtant, deux témoins du drame, un des marins survivants à bord de l'Acadien II, Bruno-Pierre Bourque, et le capitaine du Madelinot War Lord, Wayne Dickson, qui suivait les deux bateaux, ont raconté qu'il n'y avait personne sur le pont arrière du brise-glace pour surveiller les manoeuvres.
Des contacts essentiels
Appelé à commenter la tragédie de l'Acadien II, dans laquelle quatre chasseurs de phoque madelinots ont perdu la vie lors d'un remorquage (touage, en langage maritime) au large de la Nouvelle-Écosse, le directeur de l'Institut maritime du Québec, Alain Richard, indique qu'il est indispensable de conserver une communication visuelle ou autres lors d'une opération de cette nature.
L'ancien pilote de remorqueurs pour le groupe Océan croit qu'une absence de communication peut être fatale.
Le directeur de l'institut maritime rappelle que la présence de vigie est une règle de sécurité élémentaire, d'autant plus essentielle si l'équipage demeure à bord du navire toué, comme cela a été le cas samedi.
Selon Alain Richard, il n'est pas anormal de laisser l'équipage dans leur navire. « Il faut laisser des gens à bord du navire ou de l'embarcation remorquée pour être certain qu'il n'y ait pas de problèmes au niveau de la manoeuvre. Ce n'est pas obligatoire et ce n'est pas toujours nécessaire non plus », explique l'ancien pilote.
Il n'y a pas non plus de règles précises pour la vitesse du remorqueur, ajoute M. Richard: « Si vous regardez au niveau de la réglementation, on parle toujours de vitesse sécuritaire et de vitesse appropriée. Il n'y a pas de panneaux de signalisation avec une vitesse comme pour les voitures. »
La Garde côtière n'a pas voulu dévoiler sa politique de remorquage à la suite des événements de la fin de semaine.
Enquêtes
D'autre part, le premier ministre Jean Charest a indiqué mardi qu'il fait confiance aux trois enquêtes en cours sur la tragédie, mais souhaite être assuré que tout sera mis en oeuvre pour faire connaître la vérité.
« S'il faut en faire davantage, qu'ils en fassent davantage. Nous aurons l'occasion de nous prononcer là-dessus », ajoute le premier ministre. Jean Charest estime que les familles ont le droit de savoir exactement ce qui s'est passé et que toutes les réponses aux questions soient apportées afin d'éviter qu'une telle tragédie se répète.
Trois enquêtes tenteront de faire la lumière sur l'accident qui a coûté la vie à quatre chasseurs de phoques en fin de semaine au large de la Nouvelle-Écosse.
Le Bureau de la sécurité des transports de même que la GRC mèneront leur propre enquête. Une autre enquête effectuée par la Garde côtière sera confiée à un enquêteur indépendant dont le nom sera dévoilé au cours des prochains jours.
Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a pour sa part indiqué qu'il demandait une enquête publique. Le premier ministre Harper a fermé la porte à cette requête, lundi, en promettant que tous les rapports d'enquêtes seraient rendus publics. Cette assurance a été accueillie avec satisfaction par le maire des Îles, Joël Arseneau.
Toutefois, de nombreux Madelinots demeurent toujours choqués de constater qu'une opération de remorquage de routine effectuée par la Garde côtière s'est terminée par la mort de 3 hommes et la perte d'un autre en mer. Selon le maire Joël Arseneau, des responsables de la Garde côtière et du ministère fédéral des Transports ont été dépêchés dans l'Archipel.
Condoléances
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a par ailleurs exprimé ses condoléances aux familles touchées par le deuil. La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a aussi offert ses sympathies aux proches des victimes du naufrage.
Les corps des trois chasseurs de phoque repêchés après la tragédie sont toujours à Halifax où un coroner d'Halifax met la dernière main à son rapport d'autopsie. Un appareil des Forces canadiennes transportera les dépouilles. L'avion est attendu en fin de journée, mardi, aux Îles si les conditions météorologiques le permettent.
Les funérailles des trois chasseurs de phoques madelinots auront lieu samedi à l'église de Lavernière aux Îles. Les obsèques de Carl Aucoin, dont le corps n'a pas été retrouvé, se dérouleront un peu plus tard, comme le souhaite la famille.
Publié par : Marcel Charland
à 16:36:49
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